Madame Viviane Corillon, pharmacienne de profession, décide de créer un dispensaire vétérinaire afin de répondre au manque d’accès aux soins pour les animaux de compagnie à Kinshasa. L’établissement voit le jour sous le nom de « Société Vétérinaire Kinoise ».
Le Dr Samuel Makumbu en devient le premier médecin vétérinaire.
Le Dr Pierre Verhaeghe rejoint le Dr Samuel Makumbu. Cette rencontre marque le début d’une collaboration qui contribuera à façonner durablement l’avenir de la clinique.
Les Drs Samuel Makumbu et Pierre Verhaeghe décident de racheter l’affaire et de s’associer.
C’est la naissance de l’actuelle Clinique Vétérinaire Kinoise (CVK).
Cette même année, la fin de la coopération internationale ouvre une période particulièrement difficile pour le pays et pour la jeune clinique.
Les pillages de 1991 et 1993, dont la clinique est directement victime, ainsi que les nombreux bouleversements politiques et économiques que traverse le Zaïre mettent la CVK à rude épreuve.
Malgré ces épreuves, les équipes restent mobilisées et poursuivent leur mission auprès des animaux et de leurs propriétaires.
La CVK participe au démarrage du projet de sauvegarde des bonobos avec la WSPA (World Society for the Protection of Animals).
Les premiers bonobos sont accueillis à la clinique avant de rejoindre le projet qui donnera naissance à l’extraordinaire réalisation qu’est Lola ya Bonobo, sous la conduite de Claudine André.
Cette expérience confronte l’équipe à une réalité particulièrement complexe : soigner de jeunes bonobos traumatisés, dénutris, malades et profondément marqués par les conditions dans lesquelles ils avaient été recueillis.
C’est également le Dr Pierre Verhaeghe qui initie l’idée de donner aux bonobos des noms inspirés de la géographie congolaise. Bukavu fut le premier.
Le Dr Jérôme Shengo, fraîchement diplômé, rejoint l’équipe.
Jeune et bien formé, il acquiert progressivement une solide expérience et devient l’un des piliers de la clinique.
Le décès du Dr Samuel Makumbu marque profondément l’histoire de la CVK.
Après cette disparition, le Dr Jérôme Shengo décide d’unir durablement son destin à celui de la clinique et contribue à assurer la continuité de son activité.
Un jeune confrère particulièrement talentueux rejoint la Clinique Vétérinaire Kinoise : le Dr Elvis Konde. Consultant au sein de la clinique, il assume également des responsabilités d’assistant à la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’UPN. Au fil des années, il développe notamment une expertise en médecine équine et devient vétérinaire traitant auprès de la Fédération Équestre Internationale, contribuant ainsi à renforcer l’expertise et le rayonnement de la CVK.
Après près de deux décennies au sein de la CVK, le Dr Jérôme Shengo choisit en 2020 de poursuivre une nouvelle orientation professionnelle et quitte la clinique.
Son parcours demeure une partie importante de l’histoire et de l’évolution de la CVK.
Depuis sa création en 1983, la Clinique Vétérinaire Kinoise a traversé plus de quatre décennies d’histoire.
Des premiers pas de la Société Vétérinaire Kinoise à la clinique actuelle, son parcours est marqué par la fidélité à sa mission, la transmission de l’expérience et la volonté constante de développer une médecine vétérinaire de qualité à Kinshasa.
Une histoire construite par plusieurs générations de vétérinaires et de collaborateurs, et qui continue de s’écrire chaque jour.
Traditionnellement le chien au Congo n'a jamais été considéré comme étant un animal de compagnie. Il était plutôt un commensal des hommes qui vivait à leur côtés et participait aux chasses en battue. Le petit gibier était pour les chiens, le gros pour les hommes. C'est de ce mode de vie qu'est issu cette race si particulière : le basendji.
Avec le changement de Régime en 1997, des congolais de la diaspora sont revenus au pays en y ramenant des habitudes adoptées en Occident. L'une d'entre elles était d'avoir un animal de compagnie. Parallèlement à cela, une classe moyenne s'est mise en place et a redynamisé la société. Le chien y a trouvé sa place . La clientèle canine congolaise est en pleine croissance. Les nouveaux propriétaires manquent parfois encore de savoir faire. Une clinique vétérinaire devient ainsi un centre éducatif pour apprendre comment vivre avec un animal de compagnie en respectant ses besoins comportementaux et éviter des erreurs néfastes. C'est l'occasion de nouer des amitiés sincères centrées sur la passion et la découverte.
Il ne reste pas moins vrai que la pratique clinique de la médecine vétérinaire qui n'est subventionnée par aucune aide, est relativement chère comparée au revenu moyen des kinois. Il faut donc arriver à réaliser cet équilibre délicat : accueil des demandes de conseils, qualité des soins et parfois, pour les plus démunis, beaucoup d'humanité et de compréhension.
Un secteur cher à notre responsabilité éducative est celui des animaux sauvages. Nous les accueillons avec compassion pour les soigner cela va sans dire. Mais nous essayons aussi de dissuader les candidats propriétaires d'en adopter un. D'abord, même avec la plus grande pitié et les meilleurs sentiments, acheter un petit animal sauvage vous rend complice d'un trafic qui renforce la destruction du milieu naturel en soutenant une filière commerciale. Ensuite, il faut savoir que le milieu naturel regorge de virus encore largement inconnus, qui sont hébergés dans la faune sauvage. Les ruptures d'équilibres écologiques prédisposent ces agents pathogènes à sauter le pas et à tenter leur chance dans l'espèce humaine, avec des succès très variables (Ebola, VIH, Covid-19, ...). Un petit singe n'est sans doute pas le cadeau à donner à un enfant ! Finalement, dès le moment de sa capture, parfois brutale et dramatique, le petit animal sauvage sera perdu pour son cycle naturel. Il ne sera plus reconnu par les siens et sera sans doute massacré si on tentait de le remettre en liberté. Voyez les efforts faits pour libérer les oarang-outangs ou les chimpanzés et les bonobos. Il en est ainsi pour toutes les espèces.
Pendant très longtemps, la Clinique Vétérinaire Kinoise fut la seule clinique privée pour tout le bassin du Fleuve Congo. Cette exclusivité ne fut pas un frein au développement de la CVK. Au contraire l'idée fut toujours d'accroître les moyens diagnostiques et thérapeutiques afin d'élever le niveau des soins au plus haut des possibilités. Et cela reste l'ambition de la direction.
Le grand projet actuel est la construction de la Nouvelle Clinique à Kinsuka Mimosa (sur le long du Fleuve Congo) qui se nommera Clinique Vétérinaire de Kinsuka. Ce projet est conçu pour améliorer la prise en charge des animaux malades en s'inspirant des règles hygiéniques fondamentales du concept « one health », une santé pour tous les êtres vivants.